| Lettre a la SRC |
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Le 5 juillet 2011 Monsieur Morin, Objet : Avis de consultation de radiodiffusion CRTC 2011-379 – Renouvellement de licences des services de langue française et de langue anglaise de la Société Radio-Canada La Ligue canadienne des compositeurs désire soumettre respectueusement par la présente une intervention au sujet de la consultation mentionnée en rubrique, plus spécifiquement en ce qui concerne Radio Two (2011-0288-9) et Espace Musique (2011-0286-3). Compte tenu que nous représentons un nombre de membres considérable, nous vous prions de nous laisser comparaître à vos audiences en juin 2012 pour que nous puissions défendre plus en détail les arguments exposés plus loin et répondre à toute question posée par le CRTC.
Étant donné que la CBC aussi bien que la SRC ont toujours défendu la musique des compositeurs canadiens, nous vous écrivons pour soutenir le renouvellement de leur licence. Cependant, nous aimerions informer le CRTC qu’à la suite de décisions prises en 2007 touchant la programmation, ces stations radiophoniques ne fournissent plus aux Canadiens un accès adéquat à des œuvres musicales substantielles et détaillées appartenant à un genre autre que la chanson. Non seulement ces changements ont-ils dévasté le milieu de la musique classique – qui représente un nombre incalculable de musiciens de tous âges et de toutes tendances à travers le pays – mais ils ont également privé des millions d’auditeurs de toutes les régions du Canada d’un accès à des œuvres musicales détaillées et d’envergure. Ces compositions ne sont pas diffusées par les stations commerciales, et les concerts où ces œuvres sont exécutées ne sont généralement pas entendus sur nos ondes ou sur des supports numériques. Nous espérons que le CRTC examinera de près les changements de programmation apportés par Radio Two et Espace Musique et donnera au réseau le mandat de raviver son engagement face à la diffusion d’œuvres musicales non associées au genre de la chanson. Nous croyons que soutenir et diffuser des œuvres de cette nature aidera à doter le Canada d’un patrimoine culturel durable, soutiendra un marché de plusieurs millions de dollars et maintiendra la réputation internationale du Canada comme un pays favorable aux idées novatrices. Quelle musique créent les compositeurs canadiens, et pourquoi ?
Les compositeurs cherchent à créer des œuvres d’art qui soutiennent l’épreuve du temps et contribuent à définir qui nous sommes en tant que Canadiens, comme le font des auteurs canadiens tels que Margaret Atwood, Anne Hébert, Michel Tremblay et Michael Ondaatje. Notre tradition adopte la plupart du temps une « vision à long terme » qui enrichira le Canada d’un répertoire de grande musique dans cent ans et au-delà. Tout comme pour la musique de Beethoven, et même les œuvres de Shakespeare, les auditoires peuvent être limités au début, mais potentiellement très importants dans le futur. Il n’existe pas un style unique de « musique d’art ». La musique que créent les compositeurs du Canada est radicalement différente d’un artiste à l’autre. Cette pluralité constitue notre force en tant que communauté, et elle représente une diversité musicale authentique. Les compositeurs et les interprètes canadiens de formation classique viennent pratiquement de tous les milieux culturels du pays. Ce fait, en réalité, illustre et met en valeur la mosaïque culturelle du Canada lorsque nos œuvres sont présentées au pays aussi bien qu’à l’étranger. Depuis 2007, la musique décrite ci-haut est disparue presque entièrement des ondes de Radio Two et d’Espace Musique. Le réseau, au cœur de son système, a démantelé l’infrastructure qui assure la création et la diffusion d’œuvres musicales détaillées et d’envergure autres que le genre de la chanson. Nous ne sommes pas contre le changement – en fait, nous applaudissons l’adoption par Radio Two et Espace Musique de plate-formes en ligne ainsi que leurs efforts pour rajeunir l’auditoire. Cependant, nous sommes très préoccupés par leur vision qui fera, nous l’espérons, l’objet d’un examen attentif de la part du CRTC avant le renouvellement de leurs licences. Voici ce qui nous inquiète particulièrement : 1. Les restrictions imposées en 2007 pour accroître le nombre d’auditeurs n’ont pas atteint leur but. L’édition de novembre 2010 de The Walrus rapporte que : « Depuis la musique classique est moins présente, l’auditoire de Radio Two a chuté de 20 pour cent. Robert Rabinovitch considère que c’est l’une des mesures prises par Stursberg qui a échoué, qualifiant Radio Two de « désastre ». » Radio Two a perdu le noyau de ses auditeurs, qui ont déserté le réseau en grand nombre. L’objectif de les remplacer par des auditeurs plus jeunes – des auditeurs attirés par la chanson et qui ne sont pas familiers avec des genres autres que celui de la chanson – n’a pas été atteint. 2. Un style unique sur nos ondes. Radio Two affirme dans sa proposition qu’elle diffuse maintenant un nombre de pistes beaucoup plus élevé qui représentent une palette de genres beaucoup plus variée. Nous ne croyons pas que cela constitue une mesure authentique de succès étant donné que la grande majorité de ces pièces sont des chansons, plus courtes par définition. Bien que les compositions appartenant au genre de la chanson puissent réussir à attirer des auditeurs aux réseaux (et qu’elles possèdent une valeur artistique intrinsèque), nous croyons que notre pays sera plus riche et culturellement plus fort si, en plus de la musique basée sur la chanson, les Canadiens de toutes les régions ont accès à des œuvres orchestrales et chorales, à des opéras, à des compositions appartenant aux genres de l’opéra, du jazz, de l’improvisation, de la musique de chambre et de la musique électronique données dans leur intégralité. Même s’il est exact que le réseau public diffuse encore de la musique classique le jour, il s’agit pour l’essentiel d’enregistrements commerciaux plutôt que de musiques enregistrée en concert, qui encourageraient la créativité et la croissance dans ce domaine. Beaucoup de ces enregistrements sont régulièrement utilisés par les stations commerciales au lieu des œuvres plus contemporaines et plus exigeantes décrites plus haut, davantage susceptibles d’intéresser les jeunes auditeur à notre avis. La Ligue canadienne des compositeurs est reconnaissante à Radio Two d’offrir la station en ligne consacrée à la musique de concert contemporaine, puisqu’elle contribue à accroître la visibilité de nos membres. Malheureusement, cette station ne peut diffuser que des enregistrements commerciaux qui existent déjà, ce qui est très différent des enregistrements de concert en direct qui favorisent l’épanouissement de la musique d’art autant au Canada que sur la scène internationale. 3. L’impact sur l’enseignement de la musique.
4. Une exposition internationale déficiente Les compositeurs canadiens sont désavantagés sur la scène internationale étant donné que toutes les nations développées possèdent des services spécialisés au sein de leur radio publique qui soutiennent et défendent leurs compositeurs. Au moment où l’auditoire radiophonique en ligne ne connaît plus de frontières et où les auditeurs font leurs choix en faisant abstraction des barrières nationales et géographiques, les compositeurs canadiens sont nettement moins présents en ligne que leurs pairs dans les autres pays. Les solutions proposées : Nous demandons respectueusement qu’avant de reouveler la licence de Radio Two et d’Espace Musique, le CRTC examine les priorités du réseau touchant sa programmation, et fasse tout en son pouvoir pour exiger ce qui suit :
Nous vous remercions de votre attention et nous nous préparons respectueusement à présenter notre intervention en personne à l’audience publique dans la Capitale nationale en juin 2012. Recevez l’assurance de nos sentiments les meilleurs, Brian Current
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